← Retour aux ressources

Article

Financer son bilan de compétences avec le CPF : ce qui a changé en 2026

Le Compte personnel de formation constitue l'une des principales voies de financement du bilan de compétences. Mais entre le plafond instauré en février 2026, la hausse de la participation obligatoire en avril et des modalités différentes selon que l'on est salarié du secteur privé ou agent public, il n'est pas toujours simple de savoir combien l'on devra réellement payer ni quelles démarches entreprendre.

Voici une mise au point pour y voir plus clair.

Ce qui a changé depuis février 2026

Deux décrets publiés le 24 février 2026 ont modifié les conditions de mobilisation du CPF pour financer un bilan de compétences.

Un plafond de 1 600 € sur les droits CPF mobilisables

Depuis le 26 février 2026, le montant des droits inscrits sur le CPF pouvant être mobilisé pour un bilan de compétences est plafonné à 1 600 €.

Cela signifie que, même si une personne dispose de 4 000 € sur son compte, elle ne pourra pas utiliser plus de 1 600 € de ses droits CPF pour financer son bilan. Ce plafond porte sur les droits acquis par l'alimentation du compte ; il n'empêche pas, le cas échéant, l'intervention d'un cofinancement complémentaire par un employeur, un opérateur de compétences ou un autre financeur.

Une condition liée aux cinq années précédentes

La mobilisation du CPF est désormais soumise à une autre condition : le bénéficiaire ne doit pas avoir obtenu, au cours des cinq années précédant sa nouvelle demande, le financement d'un bilan de compétences par l'un des organismes financeurs visés par le Code du travail.

Cette règle concerne notamment les bilans précédemment financés par France Travail, un opérateur de compétences, l'Agefiph, l'État, une région ou la Caisse des dépôts et consignations. Concrètement, lorsqu'un bilan a déjà été financé par l'un de ces organismes au cours des cinq dernières années, les droits CPF ne peuvent pas être mobilisés pour en financer un nouveau.

Cette disposition ne signifie pas nécessairement que tout autre financement est juridiquement impossible : il convient de vérifier, selon sa situation, si une prise en charge directe par un employeur, une administration ou un financement personnel peut être envisagée.

Une participation obligatoire portée à 150 €

Une mesure distincte est entrée en vigueur le 2 avril 2026 : la participation financière obligatoire pour mobiliser son CPF a été portée à 150 €. Cette somme était auparavant de 103,20 €. Elle est directement intégrée au calcul effectué sur la plateforme Mon Compte Formation.

Comment se calcule concrètement le reste à payer ?

C'est souvent le point qui suscite le plus de confusion. La participation de 150 € ne vient pas systématiquement s'ajouter au prix affiché : elle correspond au montant minimal que le bénéficiaire doit normalement régler lorsqu'il mobilise son CPF.

Prenons deux exemples, en supposant que la personne dispose de droits CPF suffisants :

SituationDroits CPF mobilisésSomme payée par le bénéficiaire
Bilan de compétences à 1 750 €1 600 € (plafond autorisé)150 €
Bilan de compétences à 1 600 €1 450 €150 €

Pour un accompagnement facturé 1 750 €, le plafond de 1 600 € peut donc être mobilisé et le bénéficiaire règle les 150 € restants : il ne paie pas 150 € supplémentaires en plus du prix annoncé. Pour un bilan proposé à 1 600 €, les droits CPF financent 1 450 € et le bénéficiaire règle 150 €.

Ces exemples supposent toutefois que le solde du CPF est suffisant. Lorsqu'une personne ne dispose pas des droits nécessaires, son reste à payer peut être supérieur à 150 €. Par exemple, pour un bilan facturé 1 750 €, une personne qui ne dispose que de 1 000 € sur son CPF devra régler 750 € – la participation obligatoire étant alors comprise dans cette somme, sans s'y ajouter une seconde fois.

Avant de s'engager, il reste donc utile de vérifier son solde sur Mon Compte Formation et de demander à l'organisme retenu une simulation correspondant précisément à sa situation.

Qui peut être dispensé de la participation de 150 € ?

Certaines personnes n'ont pas à régler la participation financière obligatoire. C'est notamment le cas :

  • des demandeurs d'emploi ;
  • des salariés bénéficiant d'un financement complémentaire de leur employeur ;
  • des personnes bénéficiant d'un financement complémentaire d'un OPCO ou d'une branche professionnelle ;
  • des titulaires mobilisant des droits issus du compte professionnel de prévention (C2P) ;
  • des personnes bénéficiant d'un abondement lié à une incapacité permanente d'au moins 10 %, consécutive à un accident du travail ou à une maladie professionnelle.

Selon la situation, l'employeur ou l'OPCO peut également prendre en charge la participation obligatoire.

Salariés du secteur privé et agents publics : deux fonctionnements différents

Le CPF ne fonctionne pas de la même manière dans le secteur privé et dans la fonction publique.

Salariés du secteur privéAgents de la fonction publique
Droits généralement exprimés en eurosDroits exprimés en heures
Alimentation habituelle de 500 €/an, dans la limite de 5 000 €Alimentation habituelle de 25h/an, dans la limite de 150h
Recherche et inscription possibles sur Mon Compte FormationConsultation des droits en ligne, mais demande à présenter à l'administration
Choix de l'organisme effectué par le titulaire du compteAccord de l'employeur public nécessaire pour utiliser les heures
Financement géré par la Caisse des dépôtsFinancement assuré selon les règles et plafonds de l'administration employeur

Pour un salarié du secteur privé travaillant au moins à mi-temps, le CPF est normalement alimenté à hauteur de 500 € par année de travail, jusqu'à un plafond de 5 000 € (des droits majorés existent pour certaines catégories de bénéficiaires). Dans la fonction publique, le CPF est en principe alimenté à hauteur de 25 heures par an, dans la limite de 150 heures ; des dispositions plus favorables existent également, notamment pour certains agents de catégorie C ne disposant pas d'un diplôme de niveau CAP ou BEP.

L'agent public peut consulter le nombre d'heures dont il dispose sur Mon Compte Formation, mais il ne procède pas à l'achat autonome d'une prestation comme un salarié du secteur privé : il doit présenter une demande à son administration, qui examine le projet et les conditions de sa prise en charge. Les modalités précises peuvent varier selon que l'agent relève de la fonction publique d'État, territoriale ou hospitalière. Pour un bilan de compétences dans la fonction publique, les frais peuvent être pris en charge par l'employeur public, et le CPF peut, selon la situation, compléter sa préparation ou sa réalisation.

Cette différence explique pourquoi certains agents publics pensent ne pas avoir accès au CPF, ou se trouvent déroutés par des démarches qui ne ressemblent pas à celles décrites pour les salariés du privé. Pour les personnes issues d'un parcours institutionnel, clarifier le statut, les droits acquis et l'interlocuteur compétent constitue souvent une première étape, avant même d'aborder le contenu du bilan.

Et si le CPF ne suffit pas ?

Le CPF n'est pas la seule possibilité de financement du bilan de compétences. Selon le statut et la situation de la personne, plusieurs solutions peuvent être envisagées :

  • un financement par l'employeur, dans le cadre du plan de développement des compétences ou d'un congé de reclassement, avec une éventuelle prise en charge par son opérateur de compétences (OPCO) ;
  • une prise en charge par l'administration employeur pour un agent public ;
  • un financement par France Travail pour un demandeur d'emploi ;
  • la mobilisation du CPF, éventuellement complétée par un abondement de l'employeur, d'un OPCO, d'une branche professionnelle ou d'un autre financeur ;
  • ou un financement personnel.

Dans le cadre du plan de développement des compétences, l'employeur est à l'initiative de la démarche et peut financer directement le bilan. Selon la taille de l'entreprise et les règles applicables dans la branche professionnelle, son OPCO peut prendre en charge tout ou partie des frais. L'OPCO peut également intervenir sous la forme d'un abondement lorsque les droits inscrits sur le CPF ne suffisent pas à couvrir le coût du bilan : il ne s'agit donc pas exactement d'un dispositif distinct, mais d'un financeur susceptible d'intervenir dans plusieurs cadres.

Un demandeur d'emploi, indemnisé ou non, peut demander à son conseiller France Travail d'étudier les possibilités de prise en charge d'un bilan de compétences. Le Conseil en évolution professionnelle peut également apporter gratuitement un premier niveau d'information et aider à identifier les démarches et les financements adaptés au projet.

Le financement ne devrait pas rester une zone d'ombre au moment d'engager une réflexion sur son avenir professionnel. Il doit être examiné en fonction du statut, des droits disponibles, du bilan éventuellement réalisé au cours des cinq dernières années et des possibilités de cofinancement. Ces éléments peuvent être vérifiés ensemble lors d'un premier échange, gratuit et sans engagement.

Le financement ne devrait jamais être un obstacle à la clarté sur sa situation professionnelle. On en parle ensemble dès le premier échange, gratuit et sans engagement. Prendre rendez-vous.

Références

Caisse des dépôts et consignations. (2026). Est-il obligatoire de payer pour utiliser son CPF ? Mon Compte Formation.

Décret n° 2026-126 du 24 février 2026 définissant les conditions d'éligibilité au compte personnel de formation des bilans de compétences mentionnés au 2° de l'article L. 6313-1 du Code du travail.

Décret n° 2026-127 du 24 février 2026 relatif aux conditions d'éligibilité au compte personnel de formation et au plafonnement de prise en charge par ce compte de certaines actions de formation.

Décret n° 2026-234 du 30 mars 2026 relatif au montant de la participation obligatoire au financement des formations éligibles au compte personnel de formation.

Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, art. 190.

Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, art. 203.

Service Public. (2026). Bilan de compétences d'un salarié du secteur privé.

Service Public. (2026). Compte personnel de formation d'un salarié du secteur privé.

Service Public. (2026). Compte personnel de formation dans la fonction publique d'État.

Envie d'en discuter ?

Le premier entretien est gratuit et sans engagement.

Prendre rendez-vous